Un appareil photo pour débutant n'existe pas vraiment. Il existe des appareils simples, des appareils encombrants, des appareils chers, et le vôtre sera celui dont l'ergonomie ne vous décourage pas au bout de trois sorties. La bonne nouvelle, c'est qu'à peu près tous les boîtiers vendus aujourd'hui produisent une qualité d'image très supérieure à ce dont vous aurez besoin.
Le vrai risque n'est donc pas d'acheter un mauvais appareil, il est d'acheter un appareil que l'on n'emporte pas, ou de mettre tout son budget dans un boîtier sophistiqué équipé d'un zoom médiocre.
Les trois questions qui comptent
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Qu'allez-vous photographier, réellement ?
Pas ce que vous rêvez de photographier : ce que vous photographiez déjà avec votre téléphone. Des enfants qui bougent demandent un autofocus rapide. Des paysages demandent un grand angle et un trépied. Des voyages demandent de la légèreté. Ces trois profils ne mènent pas au même appareil.
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Combien de grammes accepterez-vous de porter ?
C'est le critère le plus prédictif et le plus ignoré. Un ensemble de 1,3 kilo reste à la maison le jour où il fait chaud. Un ensemble de 600 grammes part en balade. Prenez les appareils en main dans un magasin avant de commander : c'est la seule chose que les fiches techniques ne diront jamais.
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Quel est votre budget total ?
Total, c'est-à-dire boîtier, objectif, carte mémoire rapide, deuxième batterie et sac. Le boîtier représente en général la moitié de la dépense. Prévoir 100 à 150 euros pour les accessoires évite la mauvaise surprise du premier week-end.
Les familles d'appareils, comparées
| Famille | Pour qui | Ce qu'elle apporte | Sa limite |
|---|---|---|---|
| Téléphone récent | Tout le monde, tout le temps | Toujours là, traitement automatique très abouti, partage immédiat | Peu de contrôle, arrière-plans flous simulés, difficultés en basse lumière réelle |
| Compact expert | Voyage léger, ville, discrétion | Tient dans une poche, capteur nettement plus grand qu'un téléphone, vraies commandes | Objectif non interchangeable, zoom limité |
| Bridge | Animalier de loisir, spectacles, budget serré | Amplitude de zoom impressionnante en un seul appareil | Petit capteur : qualité en berne dès que la lumière baisse |
| Hybride | Le choix par défaut aujourd'hui | Objectifs interchangeables, aperçu du rendu dans le viseur, autofocus avec suivi de l'œil | Autonomie plus courte, gammes d'objectifs parfois onéreuses |
| Reflex d'occasion | Budget serré, apprentissage | Excellent rapport qualité-prix, autonomie remarquable, optiques d'occasion abondantes | Encombrement, gammes qui ne se renouvellent plus |
Pour un premier achat aujourd'hui, l'hybride à capteur APS-C ou micro quatre tiers est le choix le plus rationnel : encombrement contenu, aide à l'apprentissage grâce au viseur électronique, et un parc d'objectifs qui continue de s'étoffer. Les catalogues des grands fabricants proposent tous un modèle d'entrée de gamme dans cette catégorie, généralement vendu avec un zoom de kit. Les références se renouvelant vite, vérifiez au moment de l'achat ce qui est réellement disponible et à quel prix. Nous détaillons ici la différence entre reflex et hybride, si le point n'est pas clair.
La taille du capteur, enfin claire
Le capteur est la surface qui recueille la lumière. Plus il est grand, plus il en collecte, et mieux l'appareil se comporte quand la lumière manque. C'est aussi lui qui détermine la facilité à obtenir un arrière-plan flou.
- Un pouce, soit environ 13 sur 9 millimètres : on le trouve dans les compacts experts et les bons bridges. Quatre fois plus grand qu'un capteur de téléphone.
- Micro quatre tiers, environ 17 sur 13 millimètres : le meilleur compromis poids-qualité, avec des objectifs particulièrement compacts.
- APS-C, environ 23 sur 15 millimètres : le format le plus répandu chez les amateurs, et à juste titre.
- Plein format, 36 sur 24 millimètres : la référence des professionnels, avec le poids et le prix correspondants. Un débutant n'en a aucun besoin.
Une conséquence pratique mérite d'être connue : le cadrage d'un objectif dépend de la taille du capteur. Un 50 mm monté sur un APS-C cadre comme un 75 mm sur un plein format, parce qu'il faut multiplier par 1,5, ou par 1,6 chez certains fabricants. En micro quatre tiers, le facteur est de 2. C'est pourquoi un objectif de 35 mm est souvent l'objectif « standard » d'un boîtier APS-C.
Pourquoi l'objectif compte plus que le boîtier
Le zoom livré avec un boîtier, généralement un 18-55 mm, est honnête et polyvalent. Il souffre d'un défaut structurel : il n'est pas lumineux. Son ouverture maximale, autour de f/3,5 au grand angle et f/5,6 en position téléobjectif, laisse entrer peu de lumière. En intérieur, cela se traduit par des photos floues ou bruitées, et par des arrière-plans qui restent nets alors que vous aimeriez les voir fondre.
La solution coûte peu : un objectif à focale fixe lumineux, un 35 mm ou un 50 mm ouvrant à f/1,8. C'est souvent l'optique la moins chère du catalogue, et c'est celle qui produit le plus grand écart visible. Elle laisse entrer environ quatre fois plus de lumière que le zoom de kit à la même focale, ce qui représente deux diaphragmes gagnés.
Si votre budget vous oblige à choisir entre un boîtier supérieur et un objectif lumineux, prenez l'objectif. Il vous survivra à deux générations de boîtiers.
La contrainte qui fait progresser
Une focale fixe ne zoome pas : c'est vous qui avancez ou reculez. Beaucoup de photographes considèrent que c'est l'exercice le plus formateur qui soit, parce qu'il oblige à décider d'un point de vue plutôt qu'à cadrer depuis l'endroit où l'on se trouve.
Ce qui ne sert à rien sur une fiche technique
- La course aux mégapixels. Un tirage au format A3 en qualité photo demande environ 17 millions de pixels. Tous les boîtiers actuels dépassent 20 mégapixels. Au-delà, vous gagnez surtout des fichiers lourds.
- Le zoom 60x d'un bridge. À pleine extension, l'ouverture s'effondre et le moindre tremblement ruine l'image. Ces focales extrêmes ne servent qu'en plein soleil, sur trépied.
- Le nombre de collimateurs d'autofocus. Ce qui compte est le suivi du sujet, pas le nombre de points affichés à l'écran.
- La vidéo en très haute définition. Un argument de fiche produit qui n'a aucun effet sur vos photos, et qui pousse le prix vers le haut.
- La tropicalisation. Utile en montagne ou en bord de mer, inutile pour la grande majorité des usages, et rarement complète sur les modèles d'entrée de gamme.
Trois budgets qui fonctionnent
| Budget | Composition | Ce que vous obtenez |
|---|---|---|
| 300 à 500 € | Reflex d'occasion récent, zoom de kit, focale fixe 50 mm f/1,8 d'occasion, carte et batterie | De quoi apprendre sérieusement, avec une qualité d'image très largement suffisante |
| 700 à 1 000 € | Hybride APS-C ou micro quatre tiers neuf avec zoom de kit, une focale fixe lumineuse, accessoires | Un ensemble léger, moderne, avec suivi de l'œil et aperçu de l'exposition dans le viseur |
| 1 200 à 1 600 € | Hybride APS-C de milieu de gamme, zoom lumineux à ouverture constante, trépied correct | Un ensemble qui suivra longtemps, y compris en basse lumière et en photo de nuit |
Les prix indiqués sont des ordres de grandeur constatés sur le marché français ; ils varient fortement selon les périodes de promotion et l'état du marché de l'occasion.
Acheter d'occasion sans se tromper
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Vérifiez le nombre de déclenchements
Sur un reflex, l'obturateur est une pièce mécanique dont la durée de vie se compte en dizaines ou centaines de milliers de vues selon la gamme. Un boîtier amateur affichant moins de 30 000 déclenchements est encore neuf. Cette information se lit dans les données du fichier, avec un utilitaire gratuit.
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Photographiez un mur blanc à f/16
Défocalisez, déclenchez, puis regardez l'image en grand. Les taches sombres révèlent la poussière déposée sur le capteur. Ce n'est pas rédhibitoire, cela se nettoie, mais cela se négocie.
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Inspectez les lentilles en lumière rasante
Cherchez les rayures, les traces de champignon en forme de toile d'araignée, et le décollement des traitements. Quelques poussières internes sont normales et sans effet visible sur l'image.
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Faites fonctionner tout ce qui bouge
Bague de zoom et de mise au point sans point dur, autofocus qui accroche, stabilisation qui se met en route, contacts électriques propres, batterie qui tient la charge. Puis prévoyez un nettoyage soigneux de l'optique avant la première sortie.
Questions fréquentes
Quel appareil photo pour un débutant à moins de 500 euros ?
À ce niveau de budget, l'occasion offre nettement plus que le neuf. Un reflex ou un hybride d'entrée de gamme sorti il y a cinq à huit ans, accompagné de son zoom de kit et d'une focale fixe lumineuse, tient largement la comparaison avec un boîtier neuf du même prix, tout en laissant de quoi acheter une carte rapide et une seconde batterie.
Vaut-il mieux un appareil ou un bon téléphone ?
Si vous vous posez la question, le téléphone suffit sans doute encore. On passe à un appareil dédié pour trois raisons précises : obtenir un vrai flou d'arrière-plan optique, photographier dans une lumière difficile, ou disposer de commandes physiques qui rendent le réglage instantané. Si aucune de ces trois ne vous parle, gardez votre argent.
Quelle marque choisir ?
Toutes les grandes marques fabriquent d'excellents boîtiers. La question utile n'est pas la marque mais la monture : en achetant un boîtier, vous choisissez surtout une famille d'objectifs, dont vous serez prisonnier pendant des années. Regardez donc le catalogue optique disponible, ses prix d'occasion, et la présence d'une focale fixe lumineuse abordable.
Faut-il acheter le kit avec deux objectifs ?
Rarement. Le second zoom des kits, généralement un 55-200 mm, est peu lumineux et sert beaucoup moins qu'on ne l'imagine. La même somme investie dans une focale fixe à f/1,8 rendra bien plus de services, sauf si vous photographiez spécifiquement des animaux ou du sport.
Combien de mégapixels faut-il ?
Vingt suffisent très largement. Un capteur de 24 mégapixels produit une image d'environ 6 000 sur 4 000 pixels, soit un tirage de 50 sur 33 centimètres à 300 points par pouce. Pour un livre photo ou un cadre de salon, la marge est confortable, y compris après recadrage.
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Article rédigé par la rédaction de Pleine Lumière. Aucun lien d'achat rémunéré ne figure sur cette page ; les prix cités sont des ordres de grandeur observés sur le marché français.